VINCENT POIRIER AUX CELTICS, LA RÉCOMPENSE D’UN TRAVAILLEUR ACHARNÉ

Vincent Poirier, qui s’est engagé pour deux ans avec les Boston Celtics, a commencé le basket tardivement, à 17 ans. Le pivot de 25 ans, décrit comme un joueur « moyen » par ses proches à ses débuts, a dû beaucoup travailler pour réaliser son rêve.

« Quand j’ai reçu son message, je l’ai relu trois fois. Cette nuit, je n’ai fait que de me réveiller en y pensant. » Anne-Laure Poirier, la mère de Vincent, a encore du mal à y croire. « Je n’ai pas l’impression que c’est réel… On réalisera une fois qu’il aura commencé la saison », ajoute son frère, Sébastien. Pourtant c’est bien vrai: Vincent Poirier jouera aux Boston Celtics, dans le plus prestigieux championnat du monde la saison prochaine.

Sa taille, atout majeur

Une récompense « méritée » selon ses proches, mais ce scénario rêvé n’était pas écrit d’avance. Il y a 10 ans, Vincent Poirier était très loin du monde du basket. Jeune défenseur au club de foot de Bussy Saint-Georges, rien ne le prédestinait à devenir un joueur NBA… Sauf ses 2 mètres. « Il jouait au basket dehors avec un groupe de potes et avec sa taille on s’est dit qu’il pouvait aider le club », se souvient Serge Gabirault, son premier entraîneur au Bussy Basket Club, en 2010. A 17 ans, Vincent Poirier commence donc le basketball. Ses débuts tardifs l’obligent à beaucoup travailler pour combler son retard. « Il était à l’aise près du panier, mais il ne maîtrisait pas les règles du ‘marcher’ ou du dribble. Et quand on ne comprend pas ces règles on ne peut pas pratiquer le basket », raconte Serge Gabirault.

« On jouait dehors quand il a commencé, il était nul, rigole son frère. Mais il a vite évolué ». Le mot « travail » est celui qui ressort le plus quand on parle avec ceux qui l’ont côtoyé. Son acharnement et sa capacité d’écoute payent: au terme de sa première saison, le club de Paris Levallois se montre intéressé par ce joueur au profil atypique, « qui a des qualités de courses au-delà de la moyenne, selon Serge Gabirault. Pour un grand de son gabarit, il courait à peu près comme un ailier ou comme un meneur. »

Un travailleur acharné

Ses débuts au Paris Levallois sont difficiles, Vincent Poirier ne parvient pas à s’imposer. Son club le prête à Hyères-Toulon (Pro B) en 2014-2015. A son retour, à cause de son temps de jeu toujours faible avec les seniors, il signe une « double licence » avec l’équipe de l’INSEP, au centre fédéral. Cette licence lui permet de s’entraîner et de jouer avec son club, mais aussi de participer aux rencontres de l’équipe de l’INSEP, en troisième division. Il y est entouré de jeunes entre 18 et 21 ans. L’entraîneur adjoint de l’époque, Tahard Assed Liégeon, voit en ce jeune joueur de 21 ans un talent à polir. « La première chose qu’on a aimé chez lui, c’était le rapport entre la taille et la mobilité. Il avait un ratio terrible, capable d’aller très vite d’un panier à l’autre. » Cette expérience auprès de jeunes joueurs lui permet de s’affirmer, de gagner en maturité et il finit par jouer un peu plus au Paris Levallois au cours de la saison 2015, avec l’arrivée de Frédéric Fauthoux au poste d’entraîneur.

Le discret Vincent Poirier prend une autre dimension en 2017, lorsqu’il prend la direction de Baskonia, en Espagne. Il y signe une très bonne saison 2018-2019. Meilleur rebondeur d’Euroligue, il toque à la porte de la NBA. « Ça va vous surprendre, mais moi j’y croyais depuis le début parce que c’est un gamin humble, un travailleur acharné qui écoute, tout simplement », savoure Serge Gabirault, fier d’avoir été son premier coach. « Il est à sa place, aucun problème, se réjouit Bruno Lannette, ami de longue date. Si Boston l’a pris pour deux ans, ce n’est pas un hasard ». Et Maintenant? Vincent Poirier va devoir gagner du temps de jeu, comme il l’a toujours fait. « Je pense qu’il va faire exactement ce qu’il s’est passé depuis qu’il joue au basket: il rentre dans un endroit où il est censé être un peu en dessous, puis il se met au niveau, souligne Tahar Assed Liégeon. Ce sera pareil en NBA, c’est ce que je lui souhaite en tout cas! ». La franchise la plus titrée de l’histoire de la NBA pourrait le faire passer dans une autre dimension. « Il est dans son premier rêve, mais je pense qu’il en a d’autres », sourit sa mère. Comme celui, surement, de remporter un titre avec les Celtics.Valentin Jamin

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